24.04.09

Tressage de la paille

 

colombe

 

Moisson d'antan.

img3

 

-----------------------------------------------  

L'origine des tressages de paille serait également très ancienne, elle remonterait à plus de 5000 ans.

Les bouquets de céréales faisaient partie des traditions  paysannes.

Chaque été, la moisson était un moment capital de la vie rurale. A la fin de cette pénible tâche, on faisait la fête  avec un grand repas et des danses.

Les femmes  fabriquaient  des figurines (d'aspect plus ou moins  primaire). Elles entrelaçaient ou tressaient grossièrement les épis provenant de la dernière gerbe de la récolte.

Les sujets obtenus étaient ensuite suspendus dans  les maisons, on leur attribuait le pouvoir de protéger du mauvais sort et d'apporter le bonheur jusqu’à la récolte suivante.

Ces créations en paille ont, par le passé, toujours été vénérées en tant qu'objets rituels, mais leur signification a varié au fil du temps.

Pour exemples :
A une certaine époque, un tressage plat à 7 épis, symbole de fécondité était donné en cadeau aux jeunes mariés.
Un autre tressage en forme de cône et contenant 7 cailloux ronds (ou 7 grains de maïs) était offert aux nouveaux nés en guise de bienvenue. Cet objet était censé éloigner les mauvais esprits et les maladies. Il pouvait également, par la suite, servir de jouet. En le secouant, les cailloux emprisonnés dans ce cône faisaient des petits bruits; d'où un intérêt ludique pour l'enfant. Dans ma région, on disait que le tressage "gueurlinait.

Aujourd’hui, les traditions se sont perdues, les bouquets tressés ont évolués, ils sont  plus élaborés et servent d'objets décoratifs.

Néanmoins, ils sont toujours considérés comme des porte-bonheur.

"Avoir du blé dans sa maison, c’est du bonheur toute l’année"

dit-on encore…

Posté par atoutepaille à 19:51 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


26.04.09

1_20_3_

 

Après maintes recherches de livres sur cette activité, je n'ai jamais rien trouvé dans le commerce. La technique se transmettait de génération en génération.

Puis, le hasard faisant parfois bien les choses, au détour d'une brocante, j'ai découvert un très vieux document traitant ce sujet. Par la suite,  j'ai longtemps tâtonner avant de débuter car dans cet ouvrage, les méthodes de tressage étaient abordées de manière très succincte.

Pour mes confections, je récolte à l'aide d'une faucille, différentes céréales: orge, avoine, blé, triticale, seigle, folle avoine. Celles-ci doivent être choisies avec minutie et je  dois les manipuler avec précaution.

Pour obtenir un  résultat optimum,  je ne dois tolérer aucun défaut: épis avec taches ou moisissures, tige frêle ou cassante, etc..

Ensuite, m'appuyant sur les bases de notre passé et faisant appel à mon imagination,  j'essaie constamment de créer de nouveaux modèles.

Je m'efforce aussi de garder un maximum de liens avec la nature et le monde paysan (fabrication d'outils agraires entièrement tressés en paille, figurines paysannes, animaux...)

J'associe parfois collage de paille et tressage.

J'envisage d'essayer, plus tard, une autre technique du travail de la paille: la marqueterie avec des pailles de couleurs.

---------------------------------------------------------

colombe_005

Je n'afficherai pas les photos de toutes mes réalisations, mais, voici quelques modèles...

Posté par atoutepaille à 07:31 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

 

C_ne_003

Bouquet_plat_004

JR

GH

DSCN5494

Souris_001

Corne_d_abondance_003

Posté par atoutepaille à 22:51 - - Commentaires [1] - Permalien [#]

textanes_20_16_

Aujourd'hui, dans ce monde bousculé et bien incertain, les habitants du Limousin aiment se réfugier dans le souvenir du quotidien de leurs aînés.

Et pour garder une trace de ce passé, beaucoup de fêtes populaires ou traditionnelles sont organisées chaque année.

On y trouve de nombreuses manifestations à thème rural,  fête de la batteuse, fête du cidre, fête de la châtaigne,  fête du potiron... etc.

Beaucoup de marchés artisanaux sont également planifiés tout au long de l'année, sur toute la région.

Je participe à quelques unes de ces sorties pour expos ou démonstrations.

V3

011

B

CF

Posté par atoutepaille à 22:55 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

02.05.09

2009 - Les Grands Chézeaux

7jixkwg2

Après une absence de quelques jours, me voici de retour pour la suite de ce blog.

Ma préparation pour une exposition dans un charmant petit village de Haute-Vienne(Les Grands Chézeaux) m'a pris du temps. J'ai dû tresser un peu plus que d'ordinaire!

Tous les ans, le 1er mai, s'y tient une grande foire. Divers étals sont présents: brocante, antiquités, végétaux, produits régionaux et beaucoup d'autres articles. L'artisanat professionnel ou amateur y occupe également une place importante.

La chance étant avec nous, la journée s’est déroulée sous le soleil.

Beaucoup de visiteurs, du matin au soir, la journée fut fort agréable.

Il faut reconnaître que toute la municipalité ainsi que de nombreux bénévoles travaillent énormément pour l'organisation de cette manifestation.

Pour moi, ce fut l'occasion d'étaler mes dernières fabrications.

----------------------------------------------------------------------

Bien sûr le muguet était partout...

DSCN4297

15

-----------------------------------------------------------

Quelques images d'artisanat présent sur cette foire …

DSCN4295

DSCN4298

DSCN4330

DSCN4310

DSCN4312

DSCN4335

DSCN4340

DSCN4341

----------------------------------

Et moi...

DSCN6440

Vous pourrez découvrir d’autres photos de cette journée sur l’album photos (en haut, à gauche).

ane_008


04.05.09

Tissage de la massette.

nid_009

 

Les massettes que l'on appelle souvent à tort "roseaux" sont des plantes de milieux humides qui possèdent un rhizome.

Elles ont une inflorescence typique : en forme de quenouille.

Les feuilles sont plates (ou légèrement triangulaires) et croissent à la base de la plante. Elles forment une gaine qui entoure la tige.

 

Ce sont des plantes des bords des eaux calmes. On les trouve sur les contours des lacs, dans les marais et plus généralement dans les milieux humides comme les fossés. Elles poussent en colonies denses.

 

C'est avec les feuilles les plus souples que je travaille. La base, qui est plus claire et beaucoup moins cassante, donne un meilleur résultat.

  

38794673_p

 

Vous pourrez voir la différence avec le roseau commun dans l'album photos, en haut, à gauche.

 ------------------------------------------------------------------

Posté par atoutepaille à 12:10 - - Commentaires [3] - Permalien [#]

15.05.09

chapeau003

Différentes étapes de la fabrication d'un chapeau avec la massette.

A1A2A3A4A5

------------------------------------------------------------------

Les résultats...

Chapeau_moyen_001

Ce que j'ai oublié de vous préciser, c'est que j'habille souvent mes créations  avec des fleurs séchées naturelles.

--------------------------------------------

Poupée réalisée avec  massette et végétaux divers...

Poup_e_001

 

Posté par atoutepaille à 22:30 - - Commentaires [2] - Permalien [#]

19.07.10

Un petit nouveau !

Voici revenu le temps des moissons. C'est le moment de tresser toutes ces pailles bien mûres et bien dorées par le soleil. J'ai réalisé ce modèle pour la première fois, il va pouvoir compléter ma collection...

DSCN6845

Posté par atoutepaille à 16:50 - - Commentaires [2] - Permalien [#]

14.11.10

souris08

 

 

Durant mon enfance, j’ai souvent entendu l’expression

 « ne pas tourner une paille » 

 qui signifie ne rien faire. 

 Ce n'est pourtant pas simple de tourner des pailles! 

 Qu’est ce que je peux en tourner dans une année! 

 

 Une souris verte,

  

DSCN7302

 

qui courait dans l'herbe...

 

DSCN7296

 

Posté par atoutepaille à 12:33 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

08.01.11

Un peu plus de détails sur l'historique des tressages de paille.

 

 

Je ne cesse, par mes discutions avec quelques personnes âgées croisées sur mon chemin mais aussi en consultant quelques documents, d’approfondir mes connaissances sur le tressage de la paille.
Pour vous faire profiter de mes « trouvailles », vous découvrirez ci-dessous les us et coutumes ancestrales liées à cette passion.

Apparemment, déjà repérée dans la légende et la mythologie, la célébration de la récolte remonterait à la préhistoire, à l'époque païenne.

On retrouve ces coutumes pratiquement jusqu'au début du XXème siècle dans toute l’Europe, mais principalement dans la partie nord. Les rites et les symboles différaient selon les pays, les régions, mais aussi l'époque, d’où la difficulté de donner une explication rationnelle.

-------------------------------------------------

 

Percevant un esprit au coeur de leur récolte, les paysans donnaient libre cours à leurs fantasmes et ressentis. Certains croyaient en l'esprit de Cérès (déesse de l’agriculture, de la terre mère, de la moisson et de la fécondité). D'autres ressentaient une présence plutôt animale sous la forme d'une bête divine. Beaucoup plus tard, la vision imaginaire de la Vierge fit aussi partie des superstitions.

Ce qui est sûr, c'est que les travailleurs restaient persuadés qu'un esprit (qu'ils nommaient "esprit du blé") reculait devant eux, au fur et à mesure qu’ils avançaient dans le fauchage.

Pour cette raison, à la fin de la récolte, ils réservaient toujours un petit carré de grains au fond du champ, pensant que la mystérieuse divinité y était réfugiée apportant une bienfaisance particulière aux tous derniers épis.

Il incombait aux femmes de prélever cette ultime gerbe. Toutefois, certains documents locaux mentionnent que cette tâche pouvait aussi revenir au plus âgé des moissonneurs.

On finissait par remettre cette botte à la plus belle fille du village qui se chargeait de la ramener à la ferme. C'était à partir de cette dernière gerbe que les moissonneurs fabriquaient des tressages (symboles de fertilité et d'abondance).

Le tout premier modèle dominait un poteau placé pour l'occasion au centre de la cour de ferme. Puis on érigeait le second  tressage au  sommet de la charrette débordante de gerbes.

Le blé battu, la moisson achevée, alors la maîtresse de maison récupérait un des bouquets pour l'accrocher sur un bâtiment de la ferme. Elle le suspendait généralement au dessus d'une porte. L’esprit, ainsi conservé jusqu’à la prochaine saison, assurait la protection de la maisonnée et le succès pour la récolte future. J’ai entendu dire qu'à l'arrivée du printemps, certains paysans secouaient ce bouquet au dessus de la terre labourée, pour garantir la réussite des semailles.

----------------------------------------------------


Les tressages modernes ne s’inspirent que très vaguement des figures traditionnelles qui représentaient le plus souvent l’Esprit (on a retrouvé des oeuvres évoquant de façon floue, des formes humaines ou animales).

Au fil des siècles et pour célébrer les diverses croyances, l'aspect de la figurine n'a cessé d' évoluer.

Dans un passé plus proche, des tissages reproduisant la croix du Christ furent visibles. Chez les Celtics,qui pratiquaient également le rituel,  il était de coutume de tresser des croix de Brigit (ou Brigid).

 

En France, il n'y a pas si longtemps encore, une grande partie des tressages servait à décorer les églises où l’on célébrait la fête de la moisson. On  avait alors pu constater que certaines créations étaient parées de rubans.

 

Même si ces croyances nous font sourire, le monde actuel considère encore, avec raison, les tressages comme symboles de paix, de joie et de prospérité dans une maison...

 

Que du bonheur!

 

 

Posté par atoutepaille à 22:08 - - Commentaires [2] - Permalien [#]